Confronter les six quatuors à cordes de Bartok, en trois concerts, aux trois derniers de Schubert, n’est pas une mince affaire, tant les deux univers paraissent étrangers. Applaudi depuis vingt ans dans le répertoire d’avant-garde, le Quatuor Diotima relève crânement le défi en opposant dès le premier soir le Quatuor n° 2 de Bartok (1915-1917), le plus lyrique, le plus romantique des six, au mélancolique Quatuor « Rosamunde ». Interprétations distanciées, trop en demi-teintes, impression vite corrigée par une lecture autrement creusée et engagée du Quatuor n° 1 (1908), faisant ressortir l’extrême richesse de cette œuvre trop méconnue, parfaite et homogène dans son élan novateur. Avec sagesse, les Diotima joueront Schubert en deuxième partie des deux concerts suivants. Contre toute attente, leur approche du bref, tendu et concentré Quatuor n°…
