Terrible destin d’une famille mosellane ! Un frère sur le front russe, l’autre au Struthof. Et, sans aucun doute, l’un était aussi bon patriote français que l’autre. Depuis la parution en 1947 de L’Espèce humaine de Robert Anthelme, lui-même déporté à Dachau et Buchenwald, l’on en savait beaucoup sur la façon dont on déshumanisait et terrorisait les déportés, sur la hiérarchie à l’intérieur du camp, sur l’absurdité, l’arbitraire, la cruauté, sur le froid, la faim, la maladie, le travail exterminateur, la férocité des kapos… Roger Boulanger apporte une touche peut-être encore plus désespérante : il n’y avait ni fraternité ni solidarité entre déportés, dit-il, seulement l’immense solitude de ceux qui essaient de s’adapter individuellement et au plus vite aux réalités d’un enfer où ils ont été propulsés du jour au…