C’est écrit dessus, comme le Port-Salut. Pour qu’un mélo soit réussi, il faut qu’il déborde. Mais l’eau n’a que faire des nez pincés, des rabougris du frisson, des grincheux du sentiment et des sparadraps du lacrymal. Il faut de l’excessif, du brutal, de la noyade. Le mélo provoque, crie et parfois se perd, et c’est exactement ce qui le rend aussi extra-large qu’un écran de cinéma, et c’est exactement ce que je lui demande.
Maïwenn, qui inspire énervements et respect dans la profession, en soi une qualité, s’essaie au mélo naturaliste. Quasi un oxymore. Brûlant, glacé, jamais tiède. L’histoire de Tony qui se remémore sa relation brûlante, glacée, jamais tiède, avec Georgio alors qu’elle se remet d’une grave blessure au genou. Genou. « Je, nous », comme lui fait remarquer…
