Qu’ils se fassent à Darlington (Les Vestiges du jour, le majestueux film de James Ivory) ou en Algérie, les retours sont toujours empreints d’appréhension, d’émotion, de déception et de jubilation.
Jean Daniel, Pierre Bénichou, Philippe Labro, Yves Saint Laurent, Alexandre Arcady et tant d’autres n’ont jamais oublié les lumières, les odeurs, les paysages, les plages, les gens, les terrasses des cafés, les ambiances d’Alger ou d’Oran. Quand ils en parlent, la voix s’étrangle et les yeux se voilent. Quand ils écrivent, leurs mains tremblent. Leur vœu le plus cher, retourner sur cette terre qu’ils ont tant aimée, se heurte à leur crainte la plus paralysante : ne rien reconnaître ni retrouver ou, pis, que la réalité ne soit pas à la hauteur de leurs souvenirs. Qu’elle vienne jeter une couleur…