Attention, ovni littéraire ! Entre récit autobiographique et fiction poétique, le Mécano de Mattia Filice déroute tout autant qu’il fascine. Par son phrasé, tantôt en vers, tantôt en prose. Et par son sujet, le quotidien de ceux que nous appelons cheminots ou conducteurs et qui, entre eux, se baptisent « mécanos » ou « mécanotes », pour les rares femmes aux commandes. On y découvre de jolis termes issus du parler cheminot, tel le W, ce train vide de voyageurs, « les V enlacés formant ce raccourci », et les surnoms des postes de vigie des aiguilleurs, « paradis », « purgatoire » ou « enfer ». Dans la « loc », sur les rails, la vie est loin de filer droit. Ancien « projectionniste d’un cinéma sans spectateur »,…
