Thomas A. Ravier est un écrivain trop méconnu. Tantôt lyrique, tantôt baroque, toujours réfractaire. Il faut dire qu’il s’est évertué à brouiller les pistes : sa bibliographie l’atteste. Affamé de culture classique, il se considère aussi, et c’est parfois une gageure, comme un « DJ littéraire ». À preuve, dans Original Remix (Julliard, 1999), son premier livre, il relisait à neuf Le Lys dans la vallée ; dans Emma Jordan (Julliard, 2002), il revisitait le bovarysme avec l’humour et le style de Proust, mais côté banlieue et non côté Guermantes ; dans la très distinguée Nouvelle Revue française (octobre 2003), il vanta la langue de Booba, « directement dans le nerf », en déplorant, avec L.-F. Céline, que les écrivains soient devenus trop lents ; dans Fantasque (Michel de Maule,…
