Biographie. Binoclard, barbichu, Erik Satie n’avait rien pour plaire, et le moins qu’on puisse dire est qu’en art plaire n’a pas été son principal souci. Ses titres déjà, « Pièces froides », « Embryons desséchés », se moquent, font exprès de dérouter. N’empêche. De sa banlieue aux salons parisiens, il passait, oracle ambulant, écouté, influent, d’avance une icône. Son oeuvre accompagne les bonds en avant de l’époque : « Parade », ballet décalé (avec Picasso et Cocteau), et aussi la musique d’« Entr’acte », de René Clair. Mais il restait pour sa part laconique jusqu’au filandreux, laissant son temps se pâmer dans l’alambiqué et le flou. Double musicien d’Alphonse Allais, artificier et farceur, il nous glisse entre les mains. Mais tout comme un Mahler poussé au géant nous démontre Vienne,…
