A l’été 1962, en Algérie, il étaient nombreux, pieds et coeurs-noirs, à quitter le pays, de force plus que de gré, pour ne pas crever. Cent trente ans d’histoire coloniale, huit de guerre, des centaines de milliers de victimes et puis, terminé, la Méditerranée. Mais d’autres Français, « pieds-rouges », faisaient le chemin inverse, pour « aider à la reconstruction d’un pays libre ». Catherine, l’héroïne de ce deuxième roman, très émouvant, d’Anne- Sophie Stefanini, est de ceux-là. Jeune sentinelle d’un socialisme à visage humain, bercée de rêves d’indépendance et de lendemains qui chantent, communiste au coeur grand et naïf, elle s’installe à Alger en septembre 1962 pour enseigner et soutenir le gouver- nement de Ben Bella. Haleine brûlante, parfums de dattes et de liberté, nuits blanches, idées rouges, camarades…
