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Oyez les soupirs de la presse en pâmoison, les trémolos des journalistes étrangers, l’extase qui gringotte dans les chancelleries. La légende Macron est en marche ; rien ne l’arrêtera, fors le peuple français. L’état de grâce est une période où tout nouveau pouvoir est encensé par des médias esbaudis jusqu’au ridicule. Cet état où tout le monde devient bête, plus ou moins, semble toucher à sa fin. Emmanuel Macron fait décidément tout plus vite que ses prédécesseurs : avec lui, au train où vont les choses, les cent jours n’auront guère duré plus d’un mois ! Certes, on n’entend pas encore monter dans le pays la rumeur confuse des manifestations, des quolibets dans les haut-parleurs, des semelles battant le pavé mouillé, des fourches ou des matraques qui tournoient dans l’air,…
On a tort de se moquer de notre ministre de la Transition écologique et solidaire au motif qu’il a vendu des gels douche. Rien de tel que ce type d’expérience pour acquérir ou conserver le sens des réalités. Il se pourrait cependant que cela n’ait pas suffidans son cas. En témoigne son étrange culte des chiffres ronds. Il faut, dit notre ministre d’Etat – tout de même –, respecter l’objectif contenu dans la loi de Ségolène Royal : réduire la part du nucléaire dans la production électrique à 50 % en 2025 (contre 72 % en 2016). Pourquoi 50 %, et pas 48 ou 52 ? La définition de ce que l’on appelle le « mix énergétique » est extraordinairement complexe. Il implique d’avoir une idée de l’évolution de la…
Je sais pourquoi certains députés ne sont pas allés écouter l’intervention d’Emmanuel Macron au château de Versailles : ils s’étaient procuré le texte avant. Parmi eux, les communistes, qui ont pourtant, comité central après comité central, acquis une certaine résistance à l’ennui. Là, c’était trop pour eux, ils ont craqué. Tout comme les élus de la France insoumise. Les uns et les autres ont organisé ensuite deux manifestations de rue, histoire de prendre un air qui, à leur goût, manquait dans l’aile des Princes, où le président avait choisi de faire, le 3 juillet, son discours du trône d’une heure et demie. Quand je pense que c’est l’auteur de « Révolution » (dont l’éditeur est le célèbre révolutionnaire Bernard Fixot) qui se dandine à Versailles sous les ors du Roi-Soleil,…
La tragédie du quinquennat de François Hollande découle du divorce permanent entre la parole et les actes. Et ce y compris dans le domaine de la défense, où il n’a cessé d’affirmer que la France était en guerre tout en conservant les organisations et les moyens du temps de paix. Emmanuel Macron, qui a mis en scène son rôle de chef des armées, se trouve ainsi confronté à des choix décisifs. A Versailles, il a déclaré vouloir construire la paix et indiqué : « Partout, nous devons agir pour protéger nos intérêts et d’abord notre sécurité. » Il s’est engagé à consacrer à la défense 2 % du PIB en 2025, soit 50 milliards d’euros. Simultanément, il a annoncé la création d’un service national universel, soit une charge de 12…
La décision de l’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg de se reconvertir dans sa production en apporte une preuve supplémentaire, sinon définitive : le miel est tendance. Au même rythme qu’ils se « gentrifient », les centres des grandes villes occidentales se garnissent de ruches. On en compte 650 à Paris (ce qui correspond en saison haute à une population de 52 millions d’abeilles) et 3 800 à Londres. L’abeille est devenue le premier animal de compagnie de l’habitant des capitales. Le fait qu’il soit emblématique d’une alimentation saine, pure et naturelle explique en partie cet engouement pour ce qui constitua, avec le lait de chèvre, la seule nourriture du jeune Jupiter ! Le miel est macroniste. Mais il est aussi le symbole du combat environnemental en faveur de la…
Les défenseurs de la procréation médicale assistée (PMA) en appellent tantôt à la liberté, tantôt à l’égalité. Cependant, tous ont un point commun : ils ne voient aucun mal à placer le sort du genre humain dans les mains bienveillantes de l’Etat régulateur. Or la régulation étatique de la reproduction n’est pas sans conséquences. Tout d’abord, elle s’inscrit dans un mouvement général de judiciarisation des rapports humains. Les Lumières nous ont transmis des « droits-libertés », qui nous protègent de l’arbitraire du pouvoir. Devant la supposée incomplétude de ces instruments, la gauche en exigea d’autres, plus concrets. Naquirent alors les « droits-créances » et leurs garanties d’éducation ou de santé pour tous. Nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’un type de droit nouveau : il s’agit d’exiger de l’Etat qu’il préside…