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2017 a-t-elle été une bonne année pour l’humanité ? Bien sûr que oui, mais c’est une évidence trop aveuglante pour être perçue par une France qui, souvent, semble tout voir de travers, derrière des lunettes de plus en plus déformantes. Dans nos démocraties, la parole est libre, mais il y a de moins en moins de choses qu’on a le droit de dire sans risquer d’être condamné immédiatement par les tribunaux populaires qui officient sur les réseaux sociaux. Par exemple sur Twitter, où Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, a demandé et obtenu, pour une blague jugée « déplacée », la tête d’un humoriste, Tex, qui animait une émission sur France 2. A quand des bûchers pour les comiques ? Voici venu le temps…
Quelle Histoire! Ainsi 2017, comme son aînée 1917 – les superstitieux ont forcément raison de temps en temps –, aura été le théâtre de bien des tempêtes, de bien des glissements de terrain. Dans le désordre : le repli américain de la scène internationale sous Donald Trump, l’offensive diplomatique chinoise, la défaite de l’Etat islamique en Irak et pour une large part en Syrie, le grand retour de l’Iran, la surprise « MBS » en Arabie saoudite et, en Europe, un reflux – relatif – des populismes. On en oublie, et des majeurs, notamment les renversements technologiques, qui se jouent des frontières et des situations établies. Les plaques tectoniques se déplacent à une vitesse inédite depuis la chute du mur de Berlin. Certains pouvoirs faiblissent, d’autres émergent. Les livres sur…
Après la Grande-Bretagne, l’Allemagne. Le trajet inverse de Rudolf Hess en 1941. Je me demande qui a dormi dans la chambre 322 de l’hôtel Kempinski, à Berlin (construit en 1897), entre 1940 et 1945. La chance de la capitale allemande : ne pas avoir Anne Hidalgo pour maire. La ville a par conséquent un marché de Noël et, le soir, on peut voir en face de qui et à côté de qui on marche dans les rues, car elles sont éclairées. Aux informations télévisées allemandes – ou cubaines, irakiennes, turques, italiennes, etc. –, pas un mot sur la disparition d’Hallyday ni sur celle d’Ormesson. Ces deux idoles nationales étaient peu connues à l’étranger, sauf en Belgique pour Johnny et en Suisse pour Jean. Nous sommes installés à Charlottensburg, comme les…
Pour la première fois depuis le début du XXIe siècle, la France, en 2017, finit l’année mieux qu’elle ne l’a commencée. Au terme du quinquennat naufragé de François Hollande, notre pays était devenu l’homme malade et la risée du monde développé, cumulant stagnation économique, chômage de masse, perte de contrôle des finances publiques, paupérisation des Français, décomposition de la nation, dégradation de la sécurité intérieure et extérieure, marginalisation en Europe comme dans le monde. Tous les facteurs qui font le populisme se trouvaient réunis – du déclassement des citoyens et de la nation au désarroi identitaire en passant par la menace islamiste –, justifiant les craintes qui érigeait la France, après le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en prochaine victime des démagogues. La victoire d’Emmanuel Macron aux élections présidentielle et législatives…
En matière de prévisions, les économistes doivent très certainement envier le formidable savoir-faire et la précision remarquable des climatologues, en mesure de prédire au dixième de degré près quelle sera la température sur Terre à la fin du siècle alors qu’eux-mêmes sont incapables de deviner le cours du dollar du lendemain. Le mystère des soubresauts incessants et violents de ce monstre géant qu’est le marché des changes (5 100 milliards de dollars de transactions quotidiennes, soit le cinquième du PIB annuel de la France) reste entier et demeure presque aussi impénétrable que celui de l’origine de l’Univers. L’année 2017 en a apporté une nouvelle preuve. Début janvier, les économistes prévoyaient, dans leur immense majorité, une forte hausse du billet vert. Celui-ci devait, selon leur savante expertise, être dopé par l’élection…
0n peut s’interroger sur le périmètre exact des « unités laïcité » que Jean-Michel Blanquer a récemment évoquées, mais faut-il vraiment soupçonner le ministre de l’Education nationale, comme récemment dans Libération, d’alimenter l’islamophobie ? Ainsi, l’évocation du « désarroi de certains professeurs, notamment en cours de sciences », vaut-elle qu’on le soupçonne de faire le lit de l’extrême droite ? Sans savoir à quoi fait référence Jean-Michel Blanquer, on peut imaginer qu’il pense à la théorie de l’évolution. En effet, les enquêtes montrent que, parmi les élèves musulmans les plus affirmés (83 % de cette population), seuls 6 % croient en la théorie de Darwin, ce qui les distingue nettement des autres élèves. Si l’on retient les dimensions du fondamentalisme établies par le sociologue Rudd Koopmans, les jeunes musulmans se…