C’était à l’Opéra Bastille, en juin 2014, au premier acte du « Roi Arthus », d’Ernest Chausson. Assis adossé à un arbre, Lyonnel, l’écuyer, rêvait. Rêve de preux et de serviteur, d’une tendresse et d’une mélancolie indicibles. Silence absolu dans la salle, saisie. Tout près, deux géants de la scène lyrique se faisaient oublier, Thomas Hampson, roi Arthus, et Roberto Alagna, Lancelot. En cinq minutes d’idéal chevaleresque soupiré à mi-voix, Stanislas de Barbeyrac s’installait dans la cour des grands. Il avait, à l’évidence, ce qu’on remarque et n’oubliera plus, un timbre, un bien-dire, une couleur de sensibilité qui passe immédiatement dans la voix, une personnalité. Il a continué, prudemment, enchaînant les grands classiques, l’« Iphigénie » et l’« Alceste » de Gluck, « La flûte enchantée », de Mozart, ce…
