Ernest Renan, l’une des meilleures incarnations de l’esprit français, disait que les idées mènent le monde, avant d’ajouter, dans une formule géniale: « Nous avons les idées arrêtées dès que nous cessons de réfléchir. »
Une idée, ça s’essaie, ça se contredit, ça se déconstruit. Penser, c’est remettre en question ce en quoi l’on croit. Là commence l’intelligence. Sur l’immigration, comme sur beaucoup d’autres sujets, le grand tort est d’être hémiplégique, de ne pas faire fonctionner les deux hémisphères du cerveau.
Que les neurosciences nous pardonnent: pour faire simple, nous nous en tiendrons à la théorie de Sigmund Freud. D’un côté, nous sommes gouvernés par le surmoi, siège de cette loi morale qui nous habite tous, plus ou moins. De l’autre, par le ça, sorte de chaos pulsionnel, animal, guidé…