Récit. « Dans votre bouche, l’audace, la justice, la liberté, tout devient laid », disait la fille, Nancy, à sa mère, Maud, qui répliquait : « La débauche et l’immoralité sont tes terrains de jeu, Nancy. » Ambiance. On connaît le complexe d’Electre, voici sa version moderne, glamour et littéraire, le complexe de Cunard. Ou une lutte à mort. D’un côté, l’une des reines des élégances britanniques, Maud Cunard (1872-1948), épouse de l’héritier des transatlantiques Cunard, amante de l’écrivain George Moore et du chef d’orchestre Thomas Beecham ; de l’autre, sa fille Nancy (1896-1965), croqueuse de vies, « muse » de Neruda, de Man Ray, d’Aragon, qui écrivait qu’elle était « ailleurs, toujours ailleurs », sur mille champs de bataille, pour défendre les Noirs, les républicains espagnols… Ebranlée par la visite…
