Roman. Delphine aime Stéphane, qui aime Chine, laquelle aime Camille, le « trop beau » blond de première division, mais qui ne sait pas que Chine existe. Ils ont 13 ou 14 ans, ils s’envoient des vannes, collent des photos de Noureïev sur la porte de leur casier, s’observent et se désirent pendant les cours de danse contemporaine et, parfois, glissent des mots pliés en douze dans le sac des jolis garçons, avant de replonger pour cent ans de timidité. Ils sont féroces et fragiles, et leurs corps, trop athlétiques pour leurs petites âmes d’enfant ; ils sont comme tous les ados du monde, ou presque, puisqu’ils étudient à l’internat de l’Opéra de Paris, obsédés par la perfection, hantés par l’élimination. Leur rythme est intense, leurs dos fatigués, leurs muscles bandés,…
