Ah, les vieilles lunes de notre Histoire, indécrochables ! A peine Emmanuel Macron a-t-il tendu la perche aux maires de France qu’on s’est exclamé : regardez Paris, qui descend enfin de son Olympe, regardez les Jacobins, qui font enfin alliance avec les Girondins, comprenez le pouvoir local, les acteurs de terrain. Encore faudrait-il que les Girondins aient été les tenants d’un fédéralisme. Voire qu’ils aient seulement existé. Or, au risque de décevoir, nous avons affaire à une jolie reconstruction.
C’est la thèse d’un spécialiste incontesté de la Révolution française, Jean-Clément Martin, qui nous rappelle que c’est Lamartine, en 1847, républicain modéré, qui fige ce terme dans un ouvrage un peu romancé, « L’histoire des Girondins », qui fut un best-seller. Les Girondins passent donc à la postérité comme les victimes…