Poche. Avant, Isabelle Carré écrivait son journal et des lettres qu’elle n’envoyait pas. Elle racontait tout : sa vie, ses frères, la famille déglinguée, la mère qui sculptait des femmes sans bras, qui ne la voyait pas, « qui ne faisait que passer, qui était déjà passée», et le père, homosexuel, taulard; elle relatait une défenestration, l’amour, l’enfance « pleine de rêves mais peutêtre pas rêvée». Et puis, un jour, elle a posé son stylo quatre couleurs pour «vivre dans les histoires des autres» : elle est devenue actrice. Sur scène et au cinéma, elle a été ingénue, psychotique, héroïnomane, jeune, vieille, nue, voilée, pianiste, juge, secrétaire, infirmière. Faire l’actrice aurait dû n’être qu’un détour loin de ses cahiers, mais voilà, il a duré vingt ans. Avec ce poignant premier…
