Le paysage semble surgi d’une toile de Van Goyen ou d’un autre peintre flamand du siècle d’or. Des taches terreuses, des formes blanches, sur un fond sans relief, vert tendre; en fait, des vaches, des chevaux et des prairies, de longues fermes brunes, et, au loin, des moulins de carte postale noyés dans la brume d’un timide printemps. La quiétude du pays contraste avec le trafic ininterrompu de l’autoroute qui longe la campagne. En file indienne, des voitures et des poids lourds, immatriculés en Espagne, en Roumanie, vont et viennent, comme reliés par des fils invisibles, au cœur de l’Europe des flux et des marchandises, la célèbre banane bleue, la dorsale riche et industrieuse de notre continent, entre mer du Nord et Rhénanie.
Sur l’E40, à la sortie de Bruxelles,…
