Optimistes s’abstenir, esprits légers aussi. « Terre natale », de Jean Clair (1), puits de culture, historien de l’art, conservateur général du patrimoine, est un grand livre. Une sorte de requiem pour lui-même, notre époque, notre cher et vieux pays. Le mausolée de toutes les perditions, personnelles, civilisationnelles.
D’où vient ce sentiment de nostalgie qui nous étreint devant le cynisme généralisé, le délitement de la méritocratie, la perte des valeurs, l’engloutissement de nos racines, recouvertes désormais par des forêts d’inculture ? Il a beau cocoriquer encore, dressé sur ses ergots, ce pays est rongé par un mal-être grandissant.
Dans « Terre natale », Jean Clair se dit forcé de « jouer dans une pièce qui n’est pas la sienne », alors que se creuse l’espace entre le monde et lui.…