Brimborions amassés par Louis XIV, galanteries accumulées par Anne-Marie Louise, la dernière des Médicis… Au XVIIIe siècle, à Versailles ou en Italie, c’est ainsi qu’on désignait les objets joailliers, précieux et renversants de maîtrise, collectionnés par les grandes cours européennes, parfois depuis plus d’un siècle. Ces termes n’étaient pas exempts d’une certaine condescendance. Bien qu’exceptionnels, ces bibelots devenus joyaux traduisaient, disait-on alors, « un goût de femme », et même, ajoutait-on, « de femme espagnole », allusion fielleuse à la mère de Louis XIV, Anne d’Autriche, née infante d’Espagne, qui les prisait fort… Dans les musées de Paris, de Vienne, de Dresde, de Saint-Pétersbourg et d’ailleurs, ces créations à base de pierres dures, précieuses et semi-précieuses, de nacre, de coquillages, de coraux, de cornes, de perles baroques, montées sur orfèvrerie…
