Isabelle Monnin et Doan Bui avaient naguère publié un passionnant ouvrage, Ils sont devenus français. Elles y épluchaient les dossiers de police de Brassaï, Chagall, Kandinsky… Picasso en était absent, et pour cause. Français, il ne l’est jamais devenu, martèle Annie Cohen-Solal, qui a épluché le volumineux dossier administratif de l’artiste, né le 25 octobre 1881 à Malaga, en Espagne. Il s’ouvre en 1901 sur le rapport d’un commissaire, qui, à l’occasion d’une exposition, s’intéresse à cet « apatride » de 20 ans, aux opinions anarchistes, pour s’achever dans les années 1960, quand le génie fêté ne daigne pas répondre à une proposition de nationalité française, ayant décidé d’« habiter sa condition d’étranger ». Entre-temps, Picasso aura déposé, en vain, une demande de naturalisation le 3 avril 1940, à la…
