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« Les narcisses arrivent en retard, les maniaques à l’heure et les paranos en avance. » Cette plaisanterie vaut pour la vie de tous les jours comme pour une campagne présidentielle. Alain Juppé n’est ni narcissique ni parano. Observez-le avancer ses pions, en donnant du temps au temps. Parti seulement l’an dernier dans la course à l’Elysée, il la fait largement en tête. Si les dés de la primaire de la droite, à l’automne prochain, ne sont pas pipés, on ne voit pas bien qui pourrait le rattraper. Par surprise ou par écrasement : voilà les deux façons de gagner une élection présidentielle. La première stratégie fut celle de Giscard en 1974 ou de Chirac en 1995, qui l’ont emporté pour ainsi dire par effraction devant les favoris. La seconde,…
Il aura fallu du temps pour prendre « Charlie » au sérieux. Pas le journal, qui n’est pas fait (que) pour cela, mais l’attentat du 7 janvier 2015, et la bascule historique qu’il représente. On se souvient des commentaires vaseux sur les « provocations » d’un hebdomadaire dont c’est pourtant la vocation, minimisant ainsi la signification de l’événement. Même le massacre perpétré à l’Hyper Cacher – dont les clients et employés n’avaient à l’évidence « provoqué » personne – n’a pas complètement fait taire ces stupidités sur l’air de « ils l’ont un peu cherché ». On a lu aussi, sous la plume d’Emmanuel Todd notamment, des explications sociales et « islamophobes » aux tirs de kalachnikovs. Ce seraient « nos monstres », selon l’expression d’Edwy Plenel… Et puis est…
Le jugement de la SGDL (Société des gens de lettres) est tombé : à la suite de jongleries contractuelles et d’à-valoir non remboursés, je suis suspendu pour huit ans, comme Michel Platini. Je n’ai plus le droit de jouer le moindre rôle dans le monde des lettres, à l’instar de Michel dans celui du football. Ça va être dur, car les livres, c’est ma vie, ainsi que l’est le ballon rond pour Platini. Le matin, je me présente au kiosque à journaux pour acheter Lire, Le Magazine littéraire et La Quinzaine. Le kiosquier – le dernier de mon quartier, celui qui se trouve à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de Lille – fait non de la tête et me rappelle que je suis suspendu, ce qui inclut…
Tout le mal français tient dans un simple nombre à huit chiffres : 15 848 000. C’est, selon l’Insee, le décompte des emplois dans le secteur privé à la fin 2015. Et c’est aussi, à quelques milliers près, le niveau que l’emploi avait déjà atteint… au quatrième trimestre 2001. En quatorze ans, la France n’a donc pas créé d’emploi privé – en réalité, ce nombre est légèrement monté jusqu’en 2008, pour redescendre ensuite, à cause de la crise. Pourtant, entre 2001 et 2015, la population française est passée de 61 à 66 millions d’habitants. Comment peut-on avoir 5 millions d’habitants supplémentaires et pas un emploi de plus ? A quoi sont occupés ces Français surnuméraires ? La première explication est démographique : nous avons 13,4 millions de retraités aujourd’hui, alors…
C’est une bataille invisible. Elle détermine pourtant une part essentielle de la vie économique et sociale. Elle renvoie aussi à une philosophie politique et à une vision du monde. Elle oppose les deux systèmes de droit qui ont structuré historiquement la modernité : le droit « continental » et le common law. Avec la Révolution française et la codification napoléonienne a émergé une nouvelle rationalité juridique, héritière du droit romain. Elle accorde une importance décisive à la règle écrite, à la loi. Celle-ci s’impose à tous sur la base du principe d’égalité. Le juge n’est alors que « la bouche de la loi », selon l’expression de Montesquieu. Cette approche est corrélée à des questions clés de la politique moderne : la souveraineté, le principe représentatif, la puissance de l’Etat……
Je m’en voudrais de remettre en question l’unanimité apparente à propos de l’évolution du climat. Mais j’ai toujours eu du mal à croire aux prédictions concernant les phénomènes complexes, quelle que soit leur nature, et quels que soient ceux qui les portent. J’ai toujours refusé d’écrire des articles sur les prétendus risques d’épidémies liés au réchauffement de la planète qui ne reposent sur rien de concret. Comme le disait l’anthropologue américain Gregory Bateson, « un savant doit apprendre à avoir toujours tort ». Surtout, les prédictions peuvent avoir des effets imprévus délétères, et cela s’est déjà produit avec le problème du réchauffement climatique. L’accord conclu à la COP21 rappelle le protocole de Montréal pour le sauvetage de la planète. Dans les années 70, certains scientifiques craignaient un refroidissement climatique !…