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La France, qui a inventé le libéralisme au XVIIIe siècle, en est aujourd’hui la seule contemptrice au monde avec la Corée du Nord et le Venezuela. J’exagère à peine. Voilà où mène la détestation de soi. On en a encore eu la preuve pendant les quelques jours où la crise grecque a fait trembler l’Europe. Le souverainisme est une maladie qui rend sourd et aveugle au monde. Ses tenants, qui se recrutent aux deux extrêmes mais aussi dans les partis traditionnels, se sont fabriqué un petit univers virtuel sur fond de diabolisation du « néolibéralisme » et de son prétendu fourrier, l’Allemagne de Merkel. Sans parler d’un complotisme et d’un antiaméricanisme frénétiques. Le ridicule ne tuant pas, les souverainistes ont survécu à l’accord au forceps avec la Grèce. Après avoir…
Le séisme grec aura au moins balayé quelques lieux communs de notre époque. On nous disait, par exemple, que l’Europe n’existait pas vraiment, faute de vie politique commune. Pourtant, le débat sur le Grexit a traversé tout le continent. C’est d’ailleurs la meilleure nouvelle de l’année. Autre poncif fréquemment rabâché : les institutions européennes seraient fantoches. Sauf que Donald Tusk a interdit à Angela Merkel et Alexis Tsipras de quitter la salle au pire moment des négociations. Il faut avoir un minimum d’autorité pour parler ainsi à des chefs de gouvernement… On répétait aussi que l’Europe, c’était la France et l’Allemagne. Et la Finlande, la Lettonie, la Slovaquie ? Tous ceux-là ont été écoutés, courtisés. Il a fallu les convaincre. Certains racontaient même que la zone euro se résumait aux…
Après la dissolution de l’Union européenne, les fonctionnaires de Bruxelles et de Strasbourg rentrèrent chez eux munis de leurs économies et de leurs indemnités. Cela leur permit, avant de reprendre un emploi, de ne rien faire pendant quelques mois, ce qui leur rappela les agréables années passées au Parlement européen et dans les nombreuses commissions qui en dépendaient. La plupart d’entre eux trouvèrent du travail dans les douanes, car, les accords de Schengen ayant été rendus caducs par la disparition de l’UE, on avait rétabli les frontières. Chaque pays avait en outre récupéré sa monnaie, sauf ceux qui ne l’avaient pas abandonnée : la Grande-Bretagne et la Suède, deux nations ayant échappé à l’abominable crise économique qui avait frappé, à l’exception de l’Allemagne, tous les autres Etats de la zone…
L’Etat moderne est apparu en Europe à la fin du XVIe siècle au croisement des réflexions de Machiavel sur l’autonomie du politique et de Jean Bodin sur la souveraineté d’une part, de la recherche d’une issue aux guerres de Religion d’autre part. La France inventa alors la monarchie de droit divin tandis que l’Angleterre soumettait progressivement l’autorité au roi, à Dieu et à la loi. Le traité de Westphalie, en 1648, mit fin à la guerre de Trente Ans tout en jetant les bases d’un ordre européen fondé sur la suprématie du politique à travers la reconnaissance du principe « Cuius regio, eius religio ». Les Lumières, au XVIIIe siècle, érigèrent l’Etat en pivot de l’autorité publique, garant de la paix civile à l’intérieur et de la défense de la…
C’est un paradoxe. Les temps les plus difficiles de notre histoire s’accompagnaient d’un optimisme que moquaient d’ailleurs les philosophes et les artistes. Ainsi Voltaire, dans « Candide », décrivait le savant Pangloss comme un benêt qui clamait : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. » Avant la Seconde Guerre mondiale, en 1935, Ray Ventura chantait « Tout va très bien, madame la marquise », qui illustrait l’aveuglement de la société d’alors face à la montée du nazisme. Notre époque, à l’inverse, fait preuve d’un pessimisme noir que ne justifient pas les données disponibles. Trois exemples sont frappants : la progression de l’espérance de vie, l’évolution de l’intelligence mesurée par le QI et l’augmentation de la richesse mondiale. En ce qui concerne l’espérance de vie, elle…
Les héros du défilé Le congrès qui embarrasse Marine Le Pen Après l’annulation par le tribunal de grande instance de Paris du « congrès postal » visant à retirer à Jean-Marie Le Pen son titre de président d’honneur du Front national, Marine Le Pen a fait ce commentaire : « Le FN compte 51 000 adhérents, je ne vais tout de même pas louer le Stade de France. » Réponse d’un élu proche de Jean-Marie Le Pen : « A Lyon, pour notre XVe Congrès, en novembre 2014, nous avions loué le centre des congrès de la Cité internationale pour 3 000 participants. Son père avait fait un discours et elle avait pourtant été réélue avec 100 % des voix. Pourquoi ce qui était possible il y a six mois…