Huit ans après les longues nouvelles de Moi, Anastasia (Gallimard), c’est un tournant à plus d’un titre. Car, jusqu’ici, Alona Kimhi avait mis en scène des révoltés, des dépressifs, des obèses, des femmes en traitement psychiatrique, ou encore des transsexuels : c’était Suzanne la pleureuse (Gallimard, 2001), Lily la tigresse (Gallimard, 2006). Moins insolent, Victor et Macha est un virage vers la tendresse, l’intime, l’historique, nourri de l’expérience d’Alona Kimhi : elle est née en Ukraine, en 1966, et est arrivée avec sa famille en Israël au début des années 1970. A l’instar des deux protagonistes, qui y viennent à la même période, mais dont les parents vont se tuer dans un accident de la route. La jeune fille a 17 ans, son frère seize, et ils vont de kibboutz…
