As’en tenir au temps court, l’histoire de la chose et du mot « blasphème » apparaît simple d’exposition. Si le blasphème est, pour parler comme le théologien espagnol Francisco Suárez, « toute parole de malédiction, reproche ou irrespect prononcé contre Dieu », alors, comme « question de société », sa discussion n’est vieille que de trois siècles et, sous nos contrées, semble même, depuis quelque temps déjà, pratiquement éteinte. Mais si, ainsi que le propose le Larousse, on généralise, et si l’on définit le blasphème comme « une parole ou un discours qui outrage la divinité, la religion ou ce qui est considéré comme sacré », alors, la question gagne spectaculairement en intensité comme en extension. En effet, toute société créant du sacré – le sacré étant ce qui s’expose…
