En quelques pages, Annie Saumont parvenait à l’essentiel : une situation précise, un dialogue acéré, l’instant où tout dérape, une vie suspendue. Une reine de la nouvelle, disait-on d’elle pour simplifier. Mais, derrière ce titre, elle cachait un travail acharné, reprenant ses textes courts, les récrivant pour parvenir à l’essence même d’une histoire ouverte, d’un dialogue aigu, d’un rythme arraché à la vie. Les titres de ses recueils étaient déjà l’amorce d’une fiction :
Quelquefois dans les cérémonies, Le lait est un liquide blanc, Je suis pas un camion, Les voilà quel bonheur…
Quand on l’interrogeait, Annie Saumont confiait qu’elle était sûre, parfois, de tenir la matière d’un roman, mais, au bout de trois ou quatre pages, tout était dit.
On glose souvent sur cet art de la nouvelle qui…
