«M ontaigne, c’est l’homme qui cherche, pas celui qui a trouvé. Il ne nous apprend ni sa philosophie ni la philosophie, mais à philosopher. Auprès de lui, on s’étonne, on analyse, on fouille, on émet des hypothèses, on doute, on recommence, on se confronte aux théories passées ou présentes, on les soupèse, on s’en approche, on s’en éloigne, on reprend le chemin, on marche. La pensée devient un processus vivant, en mouvement constant, auquel il nous invite à participer en toute fraternité. Ni dogmatique ni idéologique, il témoigne d’une patience opiniâtre et d’une immense modestie, la modestie de l’honnête homme qui réfléchit par lui-même et ne parvient pas à tout comprendre. Comme Diderot plus tard, il pointe ses contradictions, ses paradoxes, ses limites, jamais tenté de se simplifier pour paraître…
