La première fois que l’Amé - ricain Donald Ray Pollock est venu en France, en 2012, ses fans l’attendaient avec une curiosité teintée d’inquiétude. Un recueil de nouvelles, Knockemstiff, puis un roman, Le Diable, tout le temps, étaient parus à deux ans d’intervalle, évoquant, dans un même élan, un monde de ploucs consanguins, paumés du sud de l’Ohio, défoncés par l’alcool, rongés par la drogue, accrochés au sexe et adeptes de l’inceste. Les personnages ne valaient pas la corde pour les pendre, et leur mysticisme ne les sauverait jamais de la folie furieuse et de la lubricité. Cet écrivain traquait le mal, la bêtise et l’ignorance, tel un Erskine Caldwell crépusculaire, une Flannery O’Connor surmultipliée, un William Faulkner dépressif. L’appa rition de Don, chemisette à carreaux fermée jusqu’au dernier bouton,…