Le silence de Rimbaud est une légende. Une de plus. De la fin 1875, époque à laquelle il cesse de se consacrer à la poésie, jusqu’à sa mort, seize ans plus tard, l’homme entretient, à intervalles irréguliers, une correspondance avec sa famille. Ses pérégrinations à travers le monde y sont répertoriées, avec moult détails, abondance parfois fastidieuse. Le négociant Arthur Rimbaud s’épanche, se confie : on n’ignore rien de ses états d’âme, de ses angoisses, de ses désespoirs, de son obsession pour l’argent. À vrai dire, répétées à foison, ces lamentations finissent par agacer : de son génie de jeune poète, Arthur Rimbaud n’a rien conservé, le style est décousu, désespérément terre à terre.
Point de silence, donc. Plutôt un renoncement, et alors, une fois encore, il faut retourner à…
