Tolkien a écrit la quasi-totalité du Seigneur des anneaux dans le garage de sa maison transformé en bureau. James Salter, lui, avait besoin d’une demeure vide, peu importe laquelle, pour entendre la musique de sa prose. Qu’aurait-il dit de Maïakovski, qui composait en marchant, martelant ses vers du bout de sa canne ferrée ? Ou d’Alice Munro, écrivaine et mère, dont les nouvelles, parfois rédigées entre deux biberons, la menèrent au prix Nobel ? Il en va des lieux d’inspiration des écrivains comme des nids pour les oiseaux : tous présentent des formes différentes, mais tous ont la même fin – permettre de couver ladite inspiration jusqu’à ce que, devenue oeuvre, elle prenne sa liberté. C’est pourquoi ces lieux exercent sur nous une telle fascination. Voyez, c’est dans ce bureau…
