Dans L’Ancien Régime et la Révolution, Tocqueville observe qu’« en France la politique est littéraire ». C’est bien vu. Il y a peu de pays, en effet, où les hommes politiques estiment devoir écrire des livres ou, à tout le moins, les signer. François Mitterrand, après bien d’autres, sacrifiait à ce rite. Il aspirait en outre à la qualité d’écrivain. Cette prétention provenait-elle de son goût, authentique, pour la littérature ? S’agissait-il de soutenir la comparaison avec un de Gaulle, exécré, qui conjuguait, lui, indubitablement, les deux attributs de grand homme d’Etat et de grand écrivain ? L’édition aux Belles Lettres des œuvres de François Mitterrand (deux volumes en janvier, un troisième annoncé en avril), nous fournit la réponse. François Mitterrand sait écrire, il en a le goût, mais ce…
