En quelques années, la chambre est passée d’ultime sanctuaire de l’intime à un lieu hybride, abritant à la fois le repli sur soi et l’ouverture au monde. Ce n’est pas seulement le cas des ados, qui se vautrent avec délice dans le « bed rotting » (ah, la fameuse flemme de tout, emballages de junk food malodorante et chaussettes à l’abandon sous le lit en prime), mais aussi le nôtre, adultes, qui nous livrons à toutes sortes d’activités dans nos chambres, individuelles ou partagées. Désormais, en plus d’y dormir, d’y aimer, d’y lire et d’y rêver, on y travaille, on y scrolle, on y « bingewatch » des séries, on s’y concentre, on entretient sa forme physique… Une pièce tout-en-un, où s’isoler sans souffrir d’isolement. La chambre, autrefois parent pauvre…
