Il existait un livre sur son jardin devenu culte. Sur le tard de sa vie, alors qu’il se savait condamné par le sida, Derek Jarman (1942-1994), cinéaste, peintre, réalisateur de clips, écrivain et plasticien britannique, s’est livré à la création d’un jardin sec à l’étrange beauté, où, au beau milieu des galets, fleurs, vieux outils rouillés, arbustes, silex et coquillages se mêlaient en des compositions sculpturales, cela à un jet de pierre des réacteurs de la centrale nucléaire de Dungeness, au sud de l’Angleterre. Au printemps 1986, sillonnant les routes en quête de jacinthes des bois en compagnie de son amie, égérie et actrice Tilda Swinton, l’artiste avait découvert, dans un paysage désolé, une cabane de pêcheur qui allait devenir son ultime chef-d’œuvre.
“Derek Jarman est un cinéaste baroque autant…