Découverts dans les eaux du Gange, les bactériophages, ou phages, ont fait les beaux jours de l’infectiologie dans la première moitié du XXe siècle. On raconte même que ce sont ces « virus tueurs de bactéries » qui auraient, en 1943, permis à l’armée soviétique de vaincre l’épidémie de dysenterie et, par là même, de remporter la bataille de Stalingrad. Mais l’arrivée des antibiotiques a sonné le glas de la phagothérapie dans la majorité des pays, à l’exception de l’ex-URSS. Les phages ont été progressivement délaissés après la Seconde Guerre mondiale et définitivement abandonnés, en France, dans les années 1980. Non seulement parce que la pénicilline, par exemple, est plus facile à fabriquer et à purifier, mais aussi parce que, pour les laboratoires pharmaceutiques, les antibiotiques sont beaucoup plus rentables…