C’était le premier jour du printemps. Pas le printemps officiel, celui du calendrier qui découpe l’année en saisons et en mois, non, c’était le printemps de tout le monde, le vrai; celui qui s’offre enfin, à la sortie d’un hiver interminable, à tous ceux qui rêvent de se laisser caresser par un soleil tout neuf.
On aurait dit que la ville entière s’était donné rendez-vous pour flâner dans les rues, faire du shopping, boire un verre aux terrasses des cafés à peine installées sur les bouts de trottoirs, flemmarder le nez en l’air, rêvasser, bouquiner, lire le journal sur un coin de mur ou un escalier ou bien encore sous un arbre dont certains cherchaient déjà l’ombre protectrice.
Cette atmosphère, Armelle l’avait ressentie dès son réveil, ce matin-là, en ouvrant…
