C’est un euphémisme de dire qu’à 19 ans Billie Eilish est une star internationale. Une ado sur un trône plus grand qu’elle, millionnaire dans une maisonnette, qui enfile un tee-shirt Gucci comme un H&M. Alors, pour lui parler, il faut s’armer de patience. Et accepter les conditions démentes d’une interview d’une poignée de minutes faite par téléphone, à une heure indécente pour se caler sur son réveil tardif. L’artiste répond en direct de son lit, bâille bruyamment, bondit de phrases de philosophe en banalités affligeantes, s’autorise quelques grossièretés. La faute au syndrome de la Tourette dont elle est atteinte ? Qu’importe, Billie est déroutante, attachante, a une fragilité inquiétante dont elle parle avec plus d’aisance et de liberté que de ce nouvel album, «Happier Than Ever », dont nous avons…
