Une mystérieuse musique se dégage de ces Papillons, op. 2 de Robert Schumann. Composés en même temps que les Variations sur le nom « Abegg », op. 1, ils sont, comme elles, un enchaînement d’atmosphères contrastées, contradictoires, exaltées, rêveuses, gracieuses, sur lesquelles passent des ombres inquiétantes, fuyantes. Pour bien les dominer, il faut avoir la main légère, mais être également capable, en un instant, de s’incruster dans la profondeur du clavier sans jamais insister. Être là et dans le même temps ne pas s’apesantir, savoir s’effacer… Qui mieux que Guiomar Novaes (Vox), Alfred Cortot (EMI-Warner) et Nelson Freire (Decca) ont su animer les personnages imaginaires de ce bal costumé dont les personnages se dispersent au petit matin quand une sonnerie de cloches émerge du brouillard d’accords qui vont s’évanouissant peu…