Si court, si lourd ! Au temps des premiers claviers, on ignorait ce doigt non aligné, seuls les quatre en direction des touches se voyaient sollicités. Puis l’étrange pouce, solide et gauche à la fois, s’est imposé, ouvrant la voie à la virtuosité : gammes d’octaves, accords de cinq notes, trilles, glissandos, vélocité extrême grâce au fameux passage du pouce, accents de percussion, chant de la main gauche. Notre doigt le plus fort est devenu, au fil de l’histoire, un élément essentiel de la technique pianistique. L’instrument s’est adapté, allongeant, élargissant ses touches, créant des marteaux plus forts à la hauteur de sa force de frappe.
Diriger notre pouce vers le clavier contrarie sa trajectoire naturelle, offre à ses voisins de se courber, à la paume de se resserrer, créant…
