L’œil du photographe d’aujourd’hui baigne en permanence dans une mixture RVB. Du viseur électronique de l’appareil photo à l’écran d’ordinateur puis au smartphone et au téléviseur, l’image étale ses couleurs enfantées par la synthèse additive, lumineuses, éclatantes, vibrantes, électriques. Quelques écarts de tons se produisent ici ou là, mais globalement, le photographe peut avoir le sentiment que son ambition esthétique est à peu près respectée d’un bout à l’autre de la chaîne. Et puis un beau jour, notre photographe d’aujourd’hui souhaite immortaliser son oeuvre sur ce fameux support d’hier, le papier.
Et là patatras, il prend conscience que certaines couleurs sont rigoureusement impossibles à reproduire sur un support imprimé et que l’harmonie chromatique qu’il a soigneusement concoctée s’avère vouée à d’incontrôlables dérives. Pour observer de près ce regrettable phénomène, il…