Elle a enfilé sa tenue noire. A attaché ses cheveux blonds. Elle entre en sautillant dans la pièce du physiothérapeute, située à quelques mètres du couloir qui mène à la pelouse de l’Olympiastadion de Berlin. “Allez, prépare-moi ces jambes!”, s’exclame-t-elle. “Assieds-toi”, lui répond le médecin sans la regarder. L’homme s’installe derrière elle, pose ses mains doucement sur ses épaules. Il lui demande de respirer. “Tu fais quoi? Ce sont avec mes jambes que je cours…”, rétorque-t-elle, les sourcils froncés. Mais elle écoute: elle inspire, expire, pendant dix longues minutes. “Et puis, sans m’en rendre compte, j’étais prête”, se souvient-elle aujourd’hui depuis le siège de la fédération allemande de football, cachée dans une forêt de Francfort. “Ce jour-là, ce n’était pas mon corps qui devait se préparer, mais mon âme.” Car…
