Deux boîtes cylindriques, posées sur une table. À l’intérieur, une bestiole jaune à l’aspect spongieux sur une fine couche de gel. Voici le Physarum polycephalum, un organisme unicellulaire, ni champignon, ni animal, ni plante, communément appelé “blob”. “En anglais, on dit le slime mold, c’est-à-dire le ‘champignon gluant’. Pendant longtemps, on n’avait pas d’équivalent en France. Alors, avec des collègues, on a décidé de l’appeler ‘blob’, comme dans le film d’horreur de 1958 avec Steve McQueen”, rit l’éthologiste Audrey Dussutour, 39 ans, attablée à la terrasse d’un café parisien situé à quelques mètres du Muséum national d’histoire naturelle, où elle assistera quelques heures plus tard à un congrès réunissant les pontes français de l’étude des termites, des abeilles et des fourmis, son autre domaine de recherche. Mais personne pour le blob. “Pour l’instant,…
