Cheveux noir de jais, silhouette fine, pommettes saillantes. Hiroshi Ishiguro ne fait pas ses 52 ans. Installé dans son bureau de l’université d’Osaka, il s’agite d’ailleurs frénétiquement, comme un adolescent. Il se lève, se rassoit, réajuste sa ceinture, fourre les mains dans ses poches, trifouille son ordinateur, ne tient pas en place. Depuis une dizaine d’années, Ishiguro tente de créer des robots de plus en plus vivants, de plus en plus humains. Chaque année, ou presque, il révèle une nouvelle création. Parmi les dernières, d’apparence quasi humaine, certaines sont douées d’intelligence artificielle. Elles parlent, répondent, interagissent, de façon imparfaite mais totalement indépendante. D’autres sont de simples enveloppes corporelles, comme le Telenoid, ce robot tronc sans genre ni âge, dépourvu de cheveux et de membres, assez semblable à Casper le fantôme.…