Vous parlez de France des marges, au pluriel. Pourquoi?
Parce que les processus de marginalisation, de mise à l’écart, sont complètement différents en fonction de l’espace concerné. On entend beaucoup parler d’une France en marge, périphérique, qui serait une France rurale, des petites villes, et qui s’opposerait mécaniquement à une autre France, bien intégrée à la mondialisation, connectée, innovante et qui, pour l’essentiel, est la France des métropoles. Comme s’il y avait une sorte de fracture territoriale. C’est très efficace, très politique, mais c’est un mythe, un schéma réducteur contre lequel on essaie de se battre, car la réalité est beaucoup plus nuancée. Et la raison en est toute simple: la marge, c’est d’abord une construction sociologique, un processus d’inégalités sociales. Les personnes en marge peuvent être partout, en ville…