Le livre existe. Sylvain Fort aura confié aux écrans des ordinateurs ces vies dont il célèbre l’art, mais le papier les aura recueillies, psychopompe autrement éloquent. Car il ne faut pas s’y tromper, cette plume juste, précise et éclairante célèbre une génération que nous aurons pu connaître sur scène (DFD, Dessi, Giulini, Hadley, Harnoncourt), en face-à-face (Crespin, Dussurget) ou au disque (Bergonzi, Schwarzkopf), celle « des vivant en même temps que nous ». Le miracle d’être contemporain s’exalte dans une apnée littéraire, la nécrologie, exercice subtil qui marie la biographie, le souvenir et l’émotion. Le mot révélateur, l’adjectif subjectif, tout est – les visages, les notes, les sentiments – dans une plume dont la musique fut toujours le véritable patron.
In Memoriam, de Sylvain Fort, Papiers Musique, 138 p., 18…
