L’électeur est un voyageur dans le brouillard, qui espère un rayon de soleil quand, soudain, la grêle tombe… A l’approche du premier tour de la présidentielle la plus confuse de l’Histoire, le citoyen escompte l’effondrement de l’un et l’apothéose de l’autre, il attend que l’évidence indique le bon bulletin, il veut que s’ouvre une faille béante entre droite et gauche, compétence et aventure, démagogie et crédibilité. Bref, il souhaite ne plus avoir à choisir, juste à obéir. Mais rien ne dissipe la brume politique où il est égaré ; au contraire, des noirs nuages de l’ambition haineuse dégringolent invectives et insultes, chacun cherchant, pour les faire choir, à salir et à souiller ses rivaux.
Les plus faibles d’entre nous se réfugient dans l’abstention, décrétant l’élection inutile puisque illisible. Ceux-là s’en…
