Ce soir-là, ils ne sont que quelques centaines à clamer leur colère. Pourtant, à chaque prise de parole, en ce jeudi 30 mars, place de la République, à Paris, la même question revient, inlassablement : comment leur compatriote chinois Shaoyao Liu, 56 ans, a-t-il pu mourir sous le feu d’un policier français, le 26 mars, à son domicile du XIXe arrondissement ? Parmi les manifestants, pas le moindre doute, il s’agit d’une bavure. Qui aurait pu toucher n’importe lequel d’entre eux. Car les Liu, un couple et quatre filles, ressemblent à beaucoup de familles chinoises : originaires d’une ville côtière du sud-est de l’immense pays, venus rejoindre des parents déjà installés en France pour des raisons économiques.
Comme « Pepino », un ingénieur de 24 ans, arrivé de Shanghai en…