Je vous ai déjà parlé du philosophe américain Harry Frankfurt, auteur de l’excellent et indispensable essai De l’art de dire des conneries, publié en 2005. Depuis l’élection présidentielle, il m’obsède, j’y reviens sans cesse. La théorie développée par Frankfurt est que le menteur ment délibérément pour cacher la vérité, la défor mer à son avantage ou convaincre en la détournant.
Ce faisant, il maintient un rapport avec la vérité. Le bullshiter (le diseur de conneries) se fout de la vérité. Il dit pour convaincre, sans se soucier de la réalité. Et plus il exagère, flatte, invente, s’amuse, davantage il convainc. Qu’im porte la vérité, il impose ses conneries par le bagou, le cran, la certitude, l’art oratoire. J’insiste sur la date de publication de l’essai : 2005. Harry Frankfurt avait…
