Poche. Un jour de 2006, Andreï Makine reçoit la lettre d’un lecteur qui lui propose de boire un whisky. La « communion d’idées » s’établit immédiatement entre les deux hommes, et le lieutenant Jean-Claude Servan-Schreiber lui délivre peu à peu le canevas de sa vie. La bataille de France, juin 1940, le 4e régiment de cuirassiers, les Flandres, le renvoi de l’armée, car juif, la fuite, le camp de concentration, l’Algérie, le 5e régiment de chasseurs d’Afrique, le débarquement dans le Midi, la Libération, la victoire. Makine le pousse à écrire ses Mémoires ; ce qu’il fait. Sauf que personne ne les lit. Si Schreiber n’en fait pas une maladie (« Kipling le disait, non ? Le succès et l’échec, ces deux imposteurs »), Makine, lui, en fait toute une…
