UNE VISION DU MONDE OÙ L’HÉLIUM DE LA VANITÉ GONFLE LES TÊTES ET LES TORSES DES MÉDIOCRES EN VOGUE. C’était, dit-on, un personnage grinçant, décadent, encombrant et toujours bruyant. Polygraphe, amateur de turpitudes et de paradoxes, pornographe voltairien, wildien, mussolinien, anti-mussolinien, ésotériste, « qualunquiste » (on dirait désormais populiste), boulevardier puis mystique, il vécut (de 1893 à 1975) célébré, oublié et périodiquement ressuscité–surtout par Umberto Eco, qui l’anoblit dans un texte fameux (« Pitigrilli, l’homme qui fit rougir ma mère », repris en postface). Dino Segre de son vrai nom–il choisit le pseudonyme de Pitigrilli en référence au manteau en « petit-gris » que portait sa mère, ce qui est pour le moins singulier–publia plus de 40 volumes (romans, mémoires, aphorismes…) dont l’avant-guerre fut la saison glorieuse. On y rencontre…
