Il eut pratiquement tout. La gloire à 21 ans avec Les Indifférents (1929), peu après une première nouvelle écrite directement en français. Six décennies de succès mondiaux (Le Conformiste, Le Mépris, L’Ennui…), couronnés par d’innombrables adaptations (Bertolucci, Godard, De Sica, Cédric Kahn…). Une épouse d’exception, la romancière Elsa Morante (L’Île d’Arturo), une complicité sans faille avec un génie pluriel comme Pasolini, des compagnes aussi séduisantes que douées (Dacia Maraini, Carmen Llera), et l’amitié d’idoles comme la Callas. Tout sauf le Nobel, qu’il rata 15 fois.
Pourtant, Alberto Moravia s’ennuie, chaque jour que Dieu fait. Un fléau qui le poursuit depuis l’âge de 9 ans, où il contracte une tuberculose osseuse qui l’immobilise dans divers sanatoriums huit ans durant, dont une partie à lire et l’autre à écrire Les Indifférents. Certains…
