À Nuremberg, voici quatre-vingts ans exactement, il y eut bien sûr les 21 accusés sur les bancs, les dirigeants nazis. Les films aussi, films preuves de leurs crimes, projetés sur un écran placé « dans une position centrale, à la croisée des regards », souligne l’historienne Sylvie Lindeperg, auteur de Nuremberg. La bataille des images (Payot), la cour ayant été reléguée sur le côté, à la place du jury. Il y eut, autre nouveauté, trois équipes de tournage : les opérateurs militaires du Signal Corps à la visée neutre ; les opérateurs des actualités américaines, françaises, britanniques, en quête des moments les plus dramatiques ; l’équipe soviétique de Roman Karmen, séparée du pool occidental, aguerrie aux « films de procès » tournés en URSS. Nuremberg fut la matrice des procès…
